Le 5 mai 2010, le lycée autogéré de Paris participait à un colloque organisé par l’association Demain l’école, avec la participation de divers mouvements d’éducation nouvelle (GFEN, ANEN, Montessori).
Compte rendu, par une spectatrice.
Le lycée autogéré a ouvert en 1982. Il est géré entièrement par les professeurs et les élèves : il n’y a pas de personnel administratif, ni d’entretien, ni de CPE.
Ce sont donc cinq élèves et un enseignant qui le présentent dans ce colloque.
C’est un lycée public désectorisé. Il est situé dans le XVème arrondissement, porte de Versailles, situation relativement privilégiée qui permet par exemple que les portes restent ouvertes toute la journée.
La gestion du lycée est organisée via l’assemblée générale, et les « groupes de base ». L’AG regroupe les 225 élèves et les 25 professeurs, chaque personne comptant pour une voix. Chacun fait également partie d’un « groupe de base » où la présence est obligatoire; ces groupes ont un fonctionnement de commission prenant en charge toute l’organisation pratique : accueil, bibliothèque, cafétéria, budget, administration, évaluation et entretien.
L’inscription dans le lycée se fait sur le choix de l’élève. Tous les mois, une commission accueil constituée d’enseignants et d’élèves fait une présentation du lycée pour les personnes intéressées. La démarche d’inscription inclut la constitution d’un dossier avec lettre de motivation, et un stage d’accueil de 2 jours. Ensuite, un bilan est effectué, et la décision finale est prise de façon conjointe professeurs-élèves.
Le recrutement des élèves se fait pour 1/3 au niveau seconde, et pour 2/3 après des parcours très variés. Un élève sur 2 est refusé.
Le recrutement des professeurs est également sur la base du volontariat; ce sont des enseignants du public.
Les élèves sont encadrés via un tutorat; ils ont pour interlocuteur un adulte de référence. Son rôle est surtout de faire le point avec l’élève sur son cursus, et éventuellement d’alerter les parents sur l’absentéisme quand l’élève est mineur.
Les élèves présents estiment que l’organisation du lycée est très cadrée; tous les professeurs connaissent chaque élève. Ce qui est considéré comme une activité obligatoire est une activité que l’on se choisit. : « je m’engage à … ». L’absentéisme est cependant fort. Au niveau des cours, l’absentéisme est de la responsabilité de chacun. Il est plus problématique au niveau des groupes de base, par exemple pour le ménage.
Les élèves travaillent en classes de 6 à 8.
En première et en terminale, l’enseignement correspond au programme de l’éducation nationale, l’objectif étant le Bac.
En seconde, il est organisé en cours et ateliers; une valorisation par des diplômes internes est en expérimentation, pour mettre en valeur ce qui a été appris au lycée, indépendamment de la préparation du Bac. L’évaluation existe.
La motivation des élèves présents pour leur inscription tient pour certains à leurs difficultés dans un lycée classique : phobie scolaire, problème des retards quand 5mn de retard entraine une exclusion de cours.
Pour d’autres, l’inscription fait suite à un premier parcours dans un établissement alternatif : école Steiner et Vitruve. Les difficultés rencontrées ne se situaient pas au niveau des notes.
Une élève fait remarquer le manque d’information sur l’existence du lycée auprès des élèves en difficulté banlieusards : la population est du lycée est plutôt parisienne de milieu privilégié.
Le lycée est suivi par le rectorat de Paris, et a un proviseur de rattachement. Il n’a pas de statut défini. Il reste soutenu par certains anciens accordant un importance politique à son système d’autogestion.
Plus d’information :
LAP : http://www.l-a-p.org/
Association Demain l’école: http://www.demainlecole.org